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L'abécédaire de BLACK
Le griot, maître de la parole
Le griot, dans la société africaine, est autant conteur, musicien, chanteur
et danseur. Il est la mémoire de toutes les mémoires, celui qui est chargé
d'annoncer, de rappeler les événements sous toutes leurs formes. Ainsi le
griot appartient à une caste, détient une place particulière dans la
communauté et entretient des rapports tout aussi particuliers avec les
différents membres de sa communauté sociale.
Dans la langue française, l'origine du mot "griot" remonte au XVIIe
siècle. On le trouve alors sous l'appellation "guiriot", une graphie
qui aurait le sens de "maître de langue". Les études de H. Labouret
publiées dans Notes Africaines, 1959, et citées par Sory Camara dans Gens
de la parole, 1992, soutiennent la thèse que le mot griot aurait
comme origine le kriado négro-portugais, désignant "les musiciens,
chanteurs, baladins, troubadours de la suite des princes et des grands du
Sénégal".
En déclamant ses récits, le griot s'accompagne d'instruments de percussion,
en particulier le tambour d'aisselle et d'un instrument à cordes, la kora, une
sorte de harpe africaine faite d'une calebasse et assortie de vingt et une à
vingt-six cordes.
Le répertoire du griot est vaste et comprend des épopées
célébrant, entre autres, les grands rois de l'ancien empire du Mali, dont le
plus grand fut Soundjata. Capables de danses autant légères qu'acrobatiques,
le griot est vêtu de costumes cérémoniels, bariolés et abondamment ornés de
poils fauves et de cauris. Il est de coutume d'enterrer les griots à
l'intérieur du tronc d'un baobab.
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