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L'arrière scène de Katana
L'origine
Le roman est le résultat d'une longue suite de hasards en même temps que
d'une poussée du destin.
En 1975, alors que Paul Ohl termine un important dossier de recherches sur
les arts martiaux (publié aux Éditions La Presse), il se lie d'amitié avec
l'écrivain Hubert Aquin (décédé en 1977) qui le convainc d'entreprendre une
littérature épique. Dès lors, Paul Ohl décide que son premier grand roman
serait consacré au Japon.
En 1980, il conçoit le cadre général du roman dont il retient plus
particulièrement la première moitié du XVIIe siècle japonais. Il
choisit également le plus grand seigneur de la guerre du Japon, Tokugawa Ieyasu
comme personnage historique central du roman. Pour l'auteur, Tokugawa
représente le Napoléon du Japon et il compare la bataille de Sekigahara (1600)
à celle d'Austerlitz. Reste à construire l'oeuvre.
La somme des travaux
L'auteur a mis trois ans à rédiger le roman. Au total, il a consulté plus
de cent ouvrages majeurs sur le Japon, l'ensemble représentant près de 45 000
pages de documentation.
Boursier de la Fondation du Japon, il entreprend en 1982 un voyage de
deux mois au Japon afin de constituer toutes les pièces du roman sur place.
En mai et juin 1982, il se rend à Tokyo, Kyoto, Osaka, Himeji, Nara,
Nagasaki, Shimabara, Arima, Kumamoto, Kagoshima, Sakurajima, Fukui, Kanazawa,
Chuzenji et Nikko, un périple de plus de 3 000 kilomètres.
Il reconstitue sur les lieux, grâce à des bibliothécaires, des
archivistes, des historiens, des descendants des grandes familles, batailles,
légendes, anecdotes, mets traditionnels, détails vestimentaires,
architecturaux, grâce à une équipe de cinq interprètes qui se relaient tout
au long de l'équipée. D'autres spécialistes réunissent une importante
documentation à la Bibliothèque Nationale de la Diète à Tokyo.
La suite des hasards
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À Kyoto, l'interprète suppléante est étudiante d'une des grandes
écoles de cérémonie de thé. Le jour même, une cérémonie spéciale honore
le premier anniversaire du décès du maître. Permission exceptionnelle:
l'auteur est le seul étranger admis à la cérémonie du Gura Senke Ryu, afin
de lui permettre de reconstituer avec minutie l'ancienne cérémonie (qui dure 5
heures). |
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À Nara, il arrive le jour de la présentation annuelle des grandes pièces
de théâtre No: célébrations en plein air et jeu des acteurs à la lumière des
torches. |
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À Kyoto, on lui donne accès au Ponto-Cho et aux préparatifs du Kamogawa
Odori (la danse des Maiko ou geisha). |
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Au Mont Hiei, site de l'Enryaku-ji, le temple des moines-guerriers, il
pénètre les lieux les plus inaccessibles du temple. |
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À Kyoto, grâce à une permission exceptionnelle, l'accès du Sento, le
palais des membres de la famille impériale, lui est autorisé. |
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À Nagasaki, il reconstitue avec minutie les martyrs des chrétiens
d'époque et la journée du 9 août 1945 (la 2e bombe atomique). |
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À Kumamoto, il pénètre le monde interdit des ninja, les assassins de la
nuit de l'époque féodale. |
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À Kagoshima, il vit l'expérience, tant souhaitée, du volcan en
activité, le Sakurajima (dont la description est faite dans le roman). |
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À Fukui, sur les bords de la mer du Japon, il pénètre l'univers du Zen,
dans le plus fameux temple Zen du Japon: le Eiheiji. |
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À Nikko, le lieu sacré du Japon, où les mausolées des Tokugawa
témoignent de la démesure du shôgunat de plus de 250 années consécutives,
il reconstitue avec minutie les détails des temples et des trésors. |
Une préparation
Restait l'ambiance, le réflexe, la préparation de l'esprit. L'auteur s'y
est préparé en visionnant les films de Kobayashi et de Kurosawa, en se
familiarisant avec les costumes d'époque, la fabrication des sabres,
l'arrangement floral, les cérémonies shintoïstes, les tournois de sumo. Puis,
en lisant les oeuvres de Mishima, de Yoshikawa, de Kawabata. Il s'est ainsi
écoulé dix ans entre l'intention et l'action (entre l'ombre et la lumière,
dira l'auteur).
Au total KATANA campe 61 personnages, dont 38 personnages historiques et 23
personnages de fiction. |